Gothiques, baroques, à colombages, construits en bois, en briques ou à ossature recouverte de glaise ou de crépi, une telle diversité de bâtiments religieux ne peut être trouvée qu’en Poméranie. Les riches décors intérieurs, les peintures murales et les incroyables vitraux complètent la diversité des constructions.  

L'Eglise de Sainte Brigitte

Elle a été édifiée vers le milieu du XIVe siècle, à l'origine comme chapelle de Sainte- Madeleine, à un endroit où, selon la légende, est apparue la Vierge Marie.

L'Église est entrée dans l'histoire en août 1980, lors des grèves des ouvriers de Gdańsk.


En 1374, sur le chemin de Rome à Vadstena, en Suède, le cortège funèbre de la dépouille mortelle de la fondatrice de l'Ordre du Très-Saint-Rédempteur, Brigitte de Suède, s'est arrêté à Gdańsk. Les habitants de Gdańsk ont rendu un hommage profond à la défunte, dont le sarcophage et les reliques ont d'abord été placés dans l'église Mariacka, puis dans la chapelle des pénitents, où il reposa pendant deux semaines. Cet événement eut un tel effet sur les habitants de Gdańsk, qu'il marqua le début du culte de Sainte- Brigitte, bientôt soutenu par le couvent de l'Ordre de Sainte Brigitte installé dans la ville en 1386.

Dans les années 1396-1397, les religieuses de l'Ordre de Sainte Brigitte ont d'abord édifié une église Sainte-Brigitte, à nef unique, qui a été agrandie jusqu'au XVIe siècle. L'église fut alors détruite par le feu. Le début du XVIIe siècle a été très chargé pour les religieuses de l'Ordre de Sainte Brigitte car elles ont d'abord reconstruit l'église, puis lui ont donné une décoration intérieure de style renaissance. La forme définitive de l'église et du monastère date de la première moitié du XVIIIe siècle.

Pendant la guerre, en 1945, l'église a été incendiée et en grande partie détruite. Durant longtemps, elle ne fut pas reconstruite, et, en 1957, les derniers restes du toit et une partie de l'aile sud brûlèrent. L'église est restée en ruines jusqu'en 1970, quand commença sa reconstruction, grâce à l'initiative du pasteur, le père Henryk Jankowski. La restauration et l'aménagement durèrent jusqu'en 1987, lorsqu'on plaça dans la sacristie un tableau de H. Han, datant de 1612 : «l'Apothéose de sainte Brigitte. »

En raison des activités du syndicat de Lech Walesa et de l'importance du lieu pour les catholiques sous le régime communiste, l'église Sainte Brigitte est considérée comme une sorte de sanctuaire et un monument du difficile chemin vers la liberté que la Pologne a dû parcourir au XXe siècle. L'histoire tragique de l'après-guerre polonais est évoquée par les sculptures en métal d'Elisabeth et Raphaël Pelpliński Elizabeth et un monument représentant le martyre du Père Jerzy Popiełuszko, par Laurent Samp.

En 2001, dans le chœur de l'église commencèrent les travaux de construction d'un grand retable d'autel en ambre, comprenant le tabernacle et la mensa, et atteignant la voûte de l'église. La superficie de ce décor sera finalement de 99 m2, soit davantage que la Chambre d'Ambre. L'autel monumental en ambre sera haut de 11 mètres et large de 6 mètres. Le retable sera un triptyque, avec, dans sa partie centrale, le tableau de Notre-Dame du monde du Travail. Pour l'instant, vous pouvez admirer des fragments du retable et un magnifique ostensoir en ambre de Mariusz Drapikowski.